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~/gdp · synthèse vérifiée contre le document source

Outils avancés de gestion de projet (semaine 3)

Ce module du MOOC Gestion de Projet (Rémi Bachelet, Centrale Lille) présente les outils qui transforment une idée validée en projet organisé : la charte de projet, le découpage en lots de travail (WBS), la matrice des responsabilités RACI, le diagramme de Gantt et le chiffrage du budget. Il replace ensuite ces outils dans le cycle de vie complet d'un projet, avant d'ouvrir sur les méthodes agiles et leurs conditions d'application. Une synthèse utile à toute personne qui doit cadrer, planifier et piloter un projet, en entreprise comme en association.

Synthèse personnelle, relue contre le document source. Le cours complet, ses vidéos et ses attestations vivent sur le MOOC Gestion de Projet de Rémi Bachelet, Centrale Lille : rien ne remplace le MOOC lui-même. Ressources du MOOC diffusées sous licence Creative Commons BY-NC-SA 4.0.
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Préparer un projet : la charte de projet

  • La charte de projet est l'acte de naissance officiel du projet : une fois signée par les décideurs, l'équipe-projet est formellement constituée, le budget est débloqué et le travail peut commencer.
  • En théorie elle relève du commanditaire ou d'un expert, mais en pratique c'est souvent le futur chef de projet qui la rédige après réception de sa lettre de mission ; l'essentiel est qu'elle soit validée par le maître d'ouvrage, la hiérarchie ou le sponsor.
  • La charte justifie la raison d'être du projet, décrit les livrables et le budget, soutient la prise de décision, sert d'outil de communication et donne au chef de projet le pouvoir d'engager des ressources : c'est un contrat.
  • Elle anticipe le déroulement et les principales échéances, mais dans les grandes lignes seulement, sans entrer dans le détail.
  • Le modèle proposé s'ouvre sur un résumé de type executive summary, puis comprend deux parties : le cadrage (contexte, finalités, business case avec synthèse SWOT, cahier des charges et liste exhaustive des livrables) et le déroulement (rôles, pilotage et budget ; jalons ; risques et opportunités).
  • Lettre de mission, note de cadrage et fiche de définition de projet sont des variantes de la charte de projet.
Charte de projet
: Document qui officialise le lancement du projet et donne un premier panorama d'ensemble : direction, organisation et mise en œuvre.
Business case
: Partie de la charte qui énumère les raisons du lancement, les bénéfices attendus, les coûts prévisibles et les forces et faiblesses, avec une synthèse sous forme d'analyse SWOT.
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Les lots et les responsabilités : le WBS

  • Une fois le projet cadré, le facteur critique de réussite est la capacité à le découper en lots de travail (work packages) : ce découpage, appelé WBS, réduit la complexité du projet et prépare son pilotage.
  • Le WBS (Work Breakdown Structure) est l'organigramme des tâches ; le PMI le définit comme la décomposition hiérarchique du travail que l'équipe doit exécuter pour atteindre les objectifs et produire les livrables.
  • Construire le WBS revient à passer d'une logique de résultat, celle du cahier des charges et de la charte, à une logique de travaux : convertir le « quoi faire » en « comment faire ».
  • On procède par décompositions successives de chaque tâche principale, selon un seul critère de découpage à la fois (métier, localisation du chantier, ordre de succession).
  • Chaque lot de travail doit être gérable : planifié, surveillé et maîtrisé, avec un coût estimable, un responsable unique et un objectif S.M.A.R.T.
  • Un découpage trop simple fait oublier des éléments importants, un découpage trop détaillé rend le projet ingérable ; affecter chaque lot à un acteur unique évite la dissolution des responsabilités.
WBS (Work Breakdown Structure)
: Organigramme des tâches : décomposition hiérarchique du travail à exécuter pour atteindre les objectifs et produire les livrables.
Lot de travail (work package)
: Unité de découpage du projet, gérable, au coût estimable, coordonnée par un responsable unique et dotée d'un objectif S.M.A.R.T.
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La matrice RACI

  • La matrice RACI formalise les rôles pour chaque lot de travail et évite ainsi les erreurs de communication ; elle se construit à partir du WBS, avec les lots et sous-lots en ligne et les intervenants en colonne.
  • Elle distingue 4 types de responsabilités : R pour ceux qui réalisent la tâche, A pour l'autorité qui rend des comptes, C pour les personnes consultées avant l'action (souvent des experts) et I pour celles qui sont simplement tenues informées, sans attendre de retour de leur part.
  • La règle de cumul : pour chaque action, il faut un et un seul A et au moins un R ; sur une petite tâche, un même acteur peut assumer à la fois A et R.
  • Conseils du cours : une seule autorité par tâche, une équipe resserrée donc pas trop de R, des C limités aux experts les plus efficaces car consulter ralentit, et tous les acteurs régulièrement informés (I).
  • Il existe de nombreuses variantes (P.A.R.I.S, RASCI, RACI-VS, CAIRO, RAPID) avec des termes différents derrière les initiales : il faut toujours préciser la signification des acronymes à côté du tableau.
  • Limite principale : la matrice clarifie la répartition des rôles mais pas les actions précises ; elle doit donc être combinée avec le PDCA.
Matrice RACI
: Matrice des responsabilités qui croise les lots de travail et les intervenants selon 4 rôles : Réalise (Responsible), Autorité (Accountable), Consulté (Consulted), Informé (Informed).
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La planification : Gantt, charge de travail et budget

  • Avant de bâtir le planning, il faut établir le séquencement des lots de travail, c'est-à-dire l'enchaînement imposé des activités ; il révèle les périodes critiques, comme l'étape dont dépend toute la suite ou la période où plusieurs tâches se déroulent en parallèle.
  • Le diagramme de Gantt, dû à Henry Laurence Gantt, offre une visualisation d'ensemble dans le temps : le temps de gauche à droite, les tâches de haut en bas, les lots de travail représentés par des barres et les jalons par des losanges.
  • Établi avant le projet, le Gantt récapitule les lots et leur durée, planifie jalons et tâches, indique les liens entre tâches, intègre la disponibilité des personnes et les interruptions, et met en évidence le chemin critique qui détermine la date de fin du projet.
  • Pendant le projet, le Gantt sert au pilotage : il indique l'avancement de chaque lot, que l'on compare à la date actuelle pour détecter les retards ; le suivi et le chemin critique sont régulièrement actualisés, ce qui demande au chef de projet de faire le point sur toutes les tâches.
  • La charge de travail (workload) est le temps-homme requis pour réaliser une tâche ; elle ne coïncide pas toujours avec la durée : 4 jours-homme peuvent se répartir en 4 jours pour une personne seule, 2 jours à deux, ou 8 jours pour une personne à mi-temps ; certains lots sont incompressibles (séchage du béton, délais administratifs).
  • Le budget chiffre 3 types de ressources : les ressources humaines (le plus souvent le poste le plus important), l'utilisation d'investissements et leur amortissement (licences, locaux, machines) et les entrées-sorties financières (trésorerie) ; il sert en début de projet à évaluer la faisabilité et demander des financements, puis en cours de projet à contrôler l'avancement.
Charge de travail (workload)
: Temps-homme requis pour réaliser une tâche, exprimé par exemple en jours-homme ; elle n'est pas toujours égale à la durée de la tâche.
Chemin critique
: Suite de lots de travail qui détermine la date de fin du projet, mise en évidence sur le diagramme de Gantt.
Jalon
: Échéance clé du projet, représentée par un losange sur le diagramme de Gantt.
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Le montage global d'un projet

  • Un projet se déroule en 4 phases : définition (établir des objectifs, approuver et démarrer), montage (préparer en détail), exécution (réaliser) et clôture (livrer).
  • La phase de définition mobilise le SWOT, le triangle Qualité-Coûts-Délais et la carte des partenaires ; le cahier des charges et la charte officialisent le lancement, et l'on démarre avec le compte-rendu et la Todo List.
  • La phase de montage utilise les outils avancés : découpage en lots avec le WBS, clarification des responsabilités avec la matrice RACI et calendrier avec le diagramme de Gantt.
  • L'exécution pilote l'avancement, opère le suivi détaillé des risques et produit les premiers résultats : maquettage, prototypes, tests.
  • La clôture comprend la mise en production, le transfert du livrable au maître d'ouvrage avec sa formation, le post-mortem (une dernière réunion d'équipe de retour d'expérience) et la réaffectation des ressources et des personnes.
  • Monter un projet, c'est répondre à 5 questions dans un ordre rigoureux : quel est le besoin et quelles sont les contraintes ; que faut-il faire et comment découper en work packages ; qui coordonne, réalise et valide ; quelles sont la durée et la séquence des tâches ; quels acteurs, ressources et budget sont nécessaires.
Cycle de projet
: Déroulement complet d'un projet en 4 phases : définition, montage, exécution et clôture.
Post-mortem
: Bilan de fin de projet : une dernière réunion d'équipe consacrée au retour d'expérience avant la réaffectation des ressources.
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Le cycle de projet et les méthodes agiles

  • Les tenants des méthodes agiles pointent 4 limites de l'approche classique : un besoin client qui évolue en cours de route alors que les retours en arrière sont difficiles, un dilemme entre communication abondante et effet tunnel, des risques détectés tardivement car les validations du comité de pilotage interviennent en fin d'étape, et l'obligation de tout concevoir et planifier avant l'exécution, avec beaucoup de documentation.
  • Il existe de nombreuses méthodes agiles : SCRUM, XP, DSDM, mais aussi Lean startup pour les projets de création d'entreprise.
  • Leurs principes communs : des cycles courts qui produisent des versions successives du livrable, une implication continue du client qui valide immédiatement et précise son besoin, et un groupe-projet autonome dans ses décisions car il intègre directement le client.
  • Le cycle agile s'organise autour du backlog, la liste priorisée de tous les besoins : on enchaîne des sprints (séquences courtes), on teste immédiatement chaque résultat, on adapte et met à jour le backlog, pour déboucher sur des versions améliorées du livrable, les releases ; les phases sont remplacées par des timeboxes suivies d'un bilan systématique.
  • Quatre leçons : ne pas réaliser le livrable en une seule fois à la fin, chercher immédiatement des résultats tangibles, réaliser d'abord les fonctionnalités qui ont de la valeur pour le client, et adapter le projet dès qu'un problème apparaît.
  • Ces méthodes ne s'appliquent pas partout : elles conviennent aux projets de taille modeste et au développement informatique, exigent la disponibilité continue du client, des équipes expérimentées, de l'autodiscipline et une bonne résistance au stress ; elles sont difficiles à grande échelle (sous-traitance) et rendent l'estimation du budget très difficile faute de phase de conception globale.
Backlog
: Liste priorisée de tous les besoins du projet, mise à jour après chaque sprint.
Sprint
: Séquence courte de réalisation visant à satisfaire une partie des besoins du backlog, immédiatement testée.
Release
: Version améliorée du livrable obtenue au fil des sprints, tests et adaptations.
Timebox
: Boîte de temps de courte durée qui remplace les phases classiques et se conclut systématiquement par un bilan.

Testez-vous

QCM d'entraînement

question 1 / 6

Dans le déroulement présenté par le cours, quel événement donne officiellement le « go » du projet ?

Sources officielles : gestiondeprojet.pm/planification-projet/ · projectmanagementcourse.pm/project-planning-and-monitoring/