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~/budget-fr réutilisation de données publiques · non-partisan · compilé le 30 août 2026

Le budget de la France, et sa place dans l'Union, lus dans les chiffres

Une lecture chiffrée, factuelle et datée des finances publiques françaises : le déficit et la dette, ce que l'État encaisse et dépense, le poids croissant des intérêts, la position de la France dans la zone euro, sa contribution au budget de l'Union européenne, puis deux pressions de long terme : les retraites et le climat. Toutes les données viennent de sources publiques officielles.

Note de neutralité

Cette page est une réutilisation de données publiques à visée pédagogique. Elle n'exprime aucune position politique, ne soutient aucun parti ni gouvernement, et ne formule aucune prévision propre. Elle présente des chiffres officiels, en distinguant toujours le réalisé (notifié) de la prévision ou de la cible.

L'essentiel

cadrage 2024-2025 · dernier réalisé provisoire
Provisoire
5,1% PIB
déficit public 2025 (152,5 Md€) · seuil de référence : 3 %
Provisoire
115,6% PIB
dette publique fin 2025 (3 461 Md€) · seuil : 60 %
Provisoire
64,7Md€
charge d'intérêts 2025 (58,0 en 2024) ; ~100 Md€/an projetés en 2029
Réalisé
−124,7Md€
déficit budgétaire de l'État 2025 (−155,9 en 2024)
Projection
2029
cible de retour du déficit sous 3 % ; la France est en procédure de déficit excessif (UE) depuis juillet 2024
Réalisé
−7,9Md€
position nette au budget de l'UE 2024 (2ᵉ contributeur net) ; +3,0 Md€ en comptant NextGenerationEU
I

Déficit & dette : le flux et le stock

de quoi parle-t-on

Le déficit est le flux annuel : l'écart entre ce que les administrations publiques dépensent et ce qu'elles encaissent en un an. La dette est le stock : la somme des déficits passés. Tant que le déficit dépasse le rythme de croissance de l'économie, la dette continue de monter en part du PIB. En 2024, l'essentiel du déficit vient des administrations centrales ; les collectivités y contribuent, la Sécurité sociale est proche de l'équilibre.

Déficit public (% du PIB)

seuil 3 %5,4 %20235,8 %20245,1 %20254,7 %2026*2,9 %2029*
RéaliséProvisoireProjection

Série INSEE homogène (mars 2026, base 2020). * cible / projection.

Dette publique au sens de Maastricht (% du PIB)

seuil 60 %109,5 %2023112,6 %2024115,6 %2025
RéaliséProvisoire

INSEE (mars 2026). La ligne à 60 % est le seuil de référence du traité.

Qui porte le déficit 2024 (Md€, par sous-secteur)

Administrations centrales (État + ODAC) (≈ 91 % du déficit)−154,1 Md€Collectivités locales−16,7 Md€Sécurité sociale (excédent ; −13,3 Md€ hors CADES)+2,3 Md€

INSEE, Insee Première n°2054. Total : −168,6 Md€. La Sécurité sociale est en léger excédent grâce à la CADES (−13,3 Md€ hors CADES).

À retenir

La dette a dépassé son pic de 2020 et continue de monter ; le déficit reflue en 2025 mais reste autour de 5 %, loin des 3 % du traité.

II

Le budget de l'État : d'où vient l'argent, où il va

recettes & missions

Attention à ne pas confondre le budget de l'État avec l'ensemble des administrations publiques. L'État n'encaisse qu'une part de certains impôts : la TVA, par exemple, est partagée avec la Sécurité sociale et les collectivités. Côté dépenses, la charge de la dette est devenue le deuxième poste du budget de l'État, et pourrait devenir le premier dès 2027.

Recettes fiscales nettes de l'État (Md€, exécution 2024)

TVA (part de l'État)96,8 Md€Impôt sur le revenu88,0 Md€Impôt sur les sociétés57,4 Md€TICPE (part de l'État)16,0 Md€Autres recettes fiscales67,5 Md€

DGFiP / budget.gouv.fr. Total : 325,7 Md€.

Principales missions du budget de l'État (Md€, 2025)

Enseignement scolaire64,5 Md€Charge de la dette (2ᵉ poste ; projetée 1ʳᵉ en 2027)53,5 Md€Défense (hors pensions)50,5 Md€Recherche & enseignement supérieur31,3 Md€

Rapports du Sénat (PLF 2025), crédits de paiement hors pensions. La charge de la dette (mission « Engagements financiers ») est en orange.

À retenir

La charge de la dette (53,5 Md€) dépasse déjà le budget de la Défense (50,5 Md€) et pourrait devenir le premier poste de l'État dès 2027.

III

Soutenabilité : intérêts, taux, notations

le coût de la dette

La dette longue (durée de vie moyenne d'environ huit ans et demi) amortit la remontée des taux : elle se répercute progressivement, à mesure des nouvelles émissions. Mais la charge d'intérêts augmente vite et pourrait approcher 100 Md€ par an à l'horizon 2029 selon la Cour des comptes. Les agences de notation ont abaissé la note de la France en 2025, tout en la maintenant dans la catégorie haute.

Charge d'intérêts des administrations publiques (Md€)

58 Md€202465 Md€2025100 Md€2029*
RéaliséProvisoireProjection

INSEE (réalisé) ; projection ~100 Md€/an en 2029, Cour des comptes. * projection.

Notations souveraines

FitchA+
stable · 28/08/2026
S&PA+
stable · 17/10/2025
Moody'sAa3
négative · 24/10/2025
DBRSAA
stable · 23/09/2025

OAT 10 ans 4,07 % (27/08/2026) · taux moyen à l'émission 3,14 % · durée de vie moyenne ~8,5 ans

À retenir

Les intérêts ont bondi de 58 à 64,7 Md€ en un an ; à ce rythme ils approcheraient 100 Md€/an en 2029, l'équivalent d'un grand ministère.

IV

La France dans le miroir de la zone euro

comparaison 2024

En 2024, la France affiche le troisième déficit et la troisième dette les plus élevés de l'Union, au-dessus des moyennes de la zone euro pour les deux indicateurs. Présentation strictement statistique, à millésime Eurostat homogène (notification d'octobre 2025), sans attribution de responsabilité.

Déficit public 2024 (% du PIB)

France5,8 %Italie3,4 %Espagne3,2 %Zone euro3,1 %Allemagne2,7 %
Francezone eurovoisins

Eurostat, notification du 21 octobre 2025. Repères : seuils du traité 3 % et 60 %.

Dette publique 2024 (% du PIB)

Italie134,9 %France113,2 %Espagne101,6 %Zone euro87,1 %Allemagne62,2 %

Eurostat, notification du 21 octobre 2025. Repères : seuils du traité 3 % et 60 %.

À retenir

En 2024, la France a le 3ᵉ déficit et la 3ᵉ dette les plus élevés de l'Union, au-dessus des moyennes de la zone euro pour les deux.

V

La France et le budget de l'Union européenne

contributions & retours

La France est le deuxième contributeur net au budget de l'UE hors plan de relance, mais bénéficiaire nette en 2024 grâce à NextGenerationEU, dont les versements s'achèvent en 2026. Elle reste la première bénéficiaire en volume de la politique agricole commune. « Contributeur net » se lit toujours à périmètre précisé.

22,3Md€
contribution brute 2024 (2ᵉ contributeur brut)
−7,9Md€
position nette hors plan de relance (2ᵉ contributeur net)
+3,0Md€
position nette avec NextGenerationEU (bénéficiaire nette, temporaire)
9,4Md€
PAC reçue en 2024 (1ʳᵉ bénéficiaire en volume)
40,3Md€
subventions NextGenerationEU allouées (≈ 85 % décaissées)
1 211Md€
budget pluriannuel de l'UE 2021-2027 (prix courants)

Sources : Commission européenne, Sénat (affaires européennes), economie.gouv.fr. Données 2024, sauf enveloppes pluriannuelles.

À retenir

Contributeur net hors plan de relance, la France est bénéficiaire nette en 2024 grâce à NextGenerationEU, mais ce bonus s'éteint en 2026.

VI

Retraites : la première dépense sociale, à l'épreuve du temps long

scénarios du COR

Les retraites sont le premier poste de dépense publique : 13,9 % du PIB (407 Md€) en 2024. À législation inchangée, cette part reste quasi stable jusqu'en 2070 malgré le vieillissement, portée par le recul de l'âge effectif de départ et le décrochage relatif des pensions face aux salaires. Le solde se creuse néanmoins, car ce sont surtout les ressources qui baissent. Ce qui sépare les scénarios du Conseil d'orientation des retraites, ce n'est pas une prévision, mais une hypothèse de productivité. La réforme de 2023 (âge légal 64 ans) voit sa mise en œuvre suspendue à compter de septembre 2026.

Réalisé
13,9% PIB
dépenses de retraite 2024 (407 Md€, 24,4 % des dépenses publiques)
Réalisé
1,8
cotisant par retraité en 2023 (≈ 1,4 en 2070)
Projection
−1,4% PIB
solde du système en 2070, scénario de référence (−0,1 % en 2024) ; déficitaire dans tous les scénarios

Dépenses de retraite (% du PIB) selon le scénario de productivité, 2024 → 2070

13,013,514,014,515,014,214,513,92024203020502070
+0,7 %/an (référence)+0,4 %/an+1,0 %/an

COR, rapport de juin 2025. 2024 réalisé ; 2030-2070 projections. Les bornes de 2070 relèvent de l'analyse de sensibilité (le COR ne publie pas le détail intermédiaire). Solde du système en 2070 : −1,4 % du PIB (référence), de −2,2 % (+0,4 %/an) à −0,7 % (+1,0 %/an) ; déficitaire dans tous les scénarios.

À retenir

À législation inchangée, les dépenses restent quasi stables en part de PIB, mais le système reste déficitaire dans tous les scénarios du COR.

VII

Climat : le réchauffement déjà là, et le coût qui vient

scénarios de référence

Le réchauffement de la France est un fait déjà mesuré : +2,2 °C sur 2015-2024 par rapport au préindustriel, soit environ 1,3 à 1,4 fois plus vite que la moyenne mondiale. La trajectoire de référence retenue par l'État pour dimensionner l'adaptation (TRACC) porte ce niveau à +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100 : c'est une trajectoire de travail, pas une prévision. Côté finances, la sinistralité assurée a déjà plus que triplé en quarante ans, et le régime des catastrophes naturelles est déficitaire dix années de suite.

Réalisé
+2,2°C
réchauffement observé en France (2015-2024), ~1,3 à 1,4× plus vite que le monde
Projection
+4°C
niveau de référence France en 2100 (TRACC) · scénario d'adaptation, pas une prévision
Projection
+40 à 60%
coût des catastrophes naturelles d'ici 2050 (CCR) ; la sinistralité assurée a triplé en 40 ans (1,5 → 5,3 Md€/an)

Niveau de réchauffement de la France (°C vs préindustriel)

Observé 2015-2024 (déjà mesuré, vs préindustriel)+2,2 °C2050 (TRACC)+2,7 °C2100 (TRACC)+4,0 °C

Observé : Météo-France. 2050/2100 : trajectoire de référence TRACC (≈ +2 °C et +3 °C au niveau mondial). Un même niveau mondial correspond à un niveau France plus élevé. Contexte GIEC (2081-2100) : de +1,4 °C (SSP1-1.9) à +4,4 °C (SSP5-8.5).

Hausse projetée du coût des catastrophes naturelles à 2050 (effet climat seul)

Tous périls (+60 % avec l'évolution des enjeux assurés)+40 %Submersion marine+85 %Sécheresse (retrait des argiles) (1er moteur de hausse)+83 %Inondation+15 %

CCR-Météo-France (2023), scénario intermédiaire. « +60 % » pour tous périls en tenant compte de l'évolution des enjeux assurés. Cadrage complémentaire France Assureurs : coût cumulé 74 → 143 Md€ sur 2020-2050 (+93 %). Coût assuré, pas coût total.

À retenir

La France a déjà franchi +2 °C ; le coût des catastrophes naturelles pourrait grimper de 40 à 60 % d'ici 2050, la sécheresse en tête.

VIII

Méthode & sources

reproductible · non-partisan

Toutes les données proviennent de sources publiques officielles : INSEE (comptes des administrations publiques), DGFiP et budget.gouv.fr (budget de l'État), Cour des comptes et HCFP, Agence France Trésor (dette négociable), Eurostat et Commission européenne (comparaisons et budget de l'UE). Chaque chiffre porte son millésime et sa source ; chaque graphique distingue le réalisé (notifié) de la prévision ou de la cible, signalée par un astérisque.

La série française 2023-2025 suit une notification INSEE homogène (mars 2026, base 2020) pour comparer les années sur une même base ; la comparaison entre pays utilise le millésime Eurostat d'octobre 2025. On ne mélange jamais des chiffres de bases ou de millésimes différents. Les chiffres ont été recoupés et vérifiés un à un contre les sources primaires.

Trois clarifications pour bien lire

« Déficit public » n'est pas « déficit de l'État ».

Trois soldes coexistent pour 2024 : le solde budgétaire de l'État (−155,9 Md€), le besoin de financement de l'État seul au sens de Maastricht (−152,5 Md€), et le déficit de l'ensemble des administrations publiques (−168,6 Md€, soit 5,8 % du PIB). C'est ce dernier qui sert de référence européenne.

La dette de Maastricht est révisée sans être remboursée.

Le ratio dette/PIB peut baisser sans qu'un euro ne soit remboursé, simplement parce que le PIB au dénominateur est révisé (changement de base). La dette 2024 est ainsi passée de 113,2 % à 112,6 % du PIB : le montant en euros, lui, n'a pas baissé. Toujours comparer des chiffres de même base.

« Contributeur net » à l'UE : deux chiffres selon le périmètre.

En 2024, la position nette de la France est de −7,9 Md€ hors NextGenerationEU (2ᵉ contributeur net) mais de +3,0 Md€ en l'incluant (bénéficiaire nette). Ce statut est temporaire, lié au plan de relance. La « position nette » ignore par ailleurs les gains non budgétaires du marché unique.

Sources officielles

Données compilées le 30 août 2026.

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